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Lokenath Bhattacharya

 

 
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Lokenath Bhattacharya

Lokenath Bhattacharya est, depuis Tagore, l’écrivain bengali le plus traduit en français. Henri Michaux avait suscité une première publication en 1976, et quinze titres ont suivi depuis. Tous annoncent des recueils de poèmes en prose d'une écriture singulière qui allie simplicité et amplitude, lumière et songe, comme si cette parole révélait, d’un même mouvement, les échos infinis des êtres et des choses, ainsi que les scrupules de l’auteur à rompre le silence au nom de sa très problématique présence au monde.
Car Lokenath Bhattacharya voyage sur l’aile du temps suspendu. L’espace du dehors, l’espace du dedans, c’est le même appel ouvert à tous les vents, le même chant hanté, le même parfum d’absence et d’amour mêlés. Il écoute, il contemple, il vit sur la rive et demande qui sont ces êtres qui passent, ces arbres qui rêvent, ces rôdeurs qui doutent...


La Représentation commence à sept heures et demie
Editions du Rocher, 282 pages, 2002
«À peine ai-je fait un pas de plus dans sa direction que l’homme, lui, recule de quelques mètres, puis va vite se poster sous le lampadaire, à quelque distance... Quelques secondes plus tard, sa figure s’illumine d’un sourire bizarre - moi, je souris, lui aussi, il sourit. Mais comment décrire son sourire ! On n’y voit aucune compassion, pas un atome de tendresse ; au contraire, c’est l’expression d’une joie démoniaque, comme si une possibilité inespérée s’était tout à coup présentée à lui, c’est cela que révèle son visage. Mon sourire s’efface, je me mets à trembler de tous mes membres.
Ce sourire démoniaque le transforme soudain en un comédien en train de jouer une pièce de théâtre, en un être d’un autre monde. Je devais aller voir une pièce ce soir à sept heures et demie, mais je vois que celle-ci est d’un tout autre genre.»


Le Danseur de cour. Les marches du vide
Gallimard, 132 pages, 2001
Le danseur de cour et Les marches du vide apparaissent comme les livres les plus emblématiques de Lokenath Bhattacharya, ceux où il devient ce magicien modeste qui suit de reflet en reflet l’errance d’un baiser divin sur la terre.

Le meurtre d’un chien suivi de Votre exploit
Le Rocher, 150 pages, 2001
«Tout à coup, on frappa à la porte. Qui cela pouvait-il bien être par un temps pareil ? L’homme qui entra lorsque j’ouvris la porte, je ne peux pas dire que je le connaissais mais je l’avais souvent vu auparavant. Il habitait le quartier, c’était certain. Un homme distingué, comme beaucoup d’ailleurs, mais pas seulement ça, celui-ci avait l’air particulièrement respectable - son regard, l’expression de son visage, tout l’indiquait. Malgré son imperméable, il était trempé comme une soupe. Il portait des lunettes à monture dorée, dont même les verres étaient mouillés, ce qui donnait à son regard une expression confuse, brouillée, qui n'était peut-être pas la sienne, après tout. À peine fut-il entré qu’il dit : Un de mes proches est mort aujourd'hui - un être très cher, peut-on même dire.»

Nu de la fin du jour
Fata Morgana, 73 pages, 2000

La Couleur de ma mort
Fata Morgana, 64 pages, 1999
«Les objets du désir, je les vois de toute éternité devant mes yeux, sur le mur d’en face, comme un accomplissement au-delà de tout désir.» Ce nouveau livre de l’écrivain bengali évoque, en sept brefs récits poétiques, le «voyage» immobile du désir intérieur et de la méditation, ce «palais de clarté» au sein duquel « l’Immense» devient accessible dans les limites mêmes de l’être.
Traductions de France Bhattacharya et de Gérard Macé. illustrations de Jean-Gilles Badaire.

Le Sacrifice du cheval
Editions du Rocher, 240 pages, 1999
«Au début, il y a toi. Tu imagines ce cheval, tu l’as aussi devant les yeux. Le feu qui jaillit de ses naseaux, les sages de ton pays l’ont appelé souffle de vie. Dans l’orage, les vents printaniers, l’haleine de la bien-aimée, dans l’univers, à l’intérieur, cette même vie, ce même souffle. Le dos du cheval est le ciel tout entier, l’étendue infinie des constellations invisibles. Son ventre, les nuées des espaces intermédiaires, ses pattes, la terre. Ses yeux sont le ciel, son hennissement, la parole, ses rênes, le collier des saisons, des jours et des nuits. Ce cheval est sacré, il devra être offert en sacrifice. Dans cet immense espace découvert, au son des formules sacrées, où as-tu disparu, point infime parmi les points ? C’est cela que tu penses, ou peut-être ne le penses-tu pas !» Au fil de ses déambulations pendant la nuit d’une ville indienne, le narrateur affronte l’approximation des souvenirs, l’incertitude des apparences, dans un univers mouvant. Roman du «peut-être», fortement marqué par la philosophie indienne, Le Sacrifice du cheval est une errance poétique et métaphysique.

Danse de minuit
Editions du Rocher, 1998
Cette nuit est vraiment celle des doutes, pense-t-il. Tout en elle semble n’être que complications et la situation ne fait que s’aggraver. Ici, rien ni personne ne lui est familier, sans parler de la langue qu’il ne comprend pas. Pourtant, devant ses yeux une danse prend forme et il continue d’entendre de la musique. Mais c’est comme si tout ce monde-ci était entouré de mystère, d’un mystère qui ne cesserait de s’épaissir. Ou plutôt qu’un mystère, une incertitude. Il a un peu de temps à perdre et ce temps flotte dans le vide. Il a un cœur aussi et ce cœur bat toujours.

Eaux troubles, du Gange à l’Aveyron
Fata Morgana, 72 pages, 1995
Avec une douzaine de livres traduits en français, Bhattacharya est sans doute l’un des écrivains bengalis les mieux connus en France. Ce recueil d’essais éclaire sa démarche et met en relations deux cultures.

Le Festin des mendiants
Fata Morgana, 55 pages, 1995
Mise en français par l’auteur et Gérard Macé, une nouvelle suite de douze proses denses, cruelles et énigmatiques, dans l’esprit d’Henri Michaux.
Illustrée de dessins traditionnels du Mithila.

Dieu à quatre têtes
Fata Morgana, 72 pages, 1993

Dieu à quatre têtes
Fata Morgana, 72 pages, 1993

Les Marches du vide
Fata Morgana, 72 pages, 1987

Pages sur la chambre
Fata Morgana, 80 pages, 1976